Archives mensuelles : septembre 2014

Canti d’amor

canti-damor

© Mirjam Devriendt

Très peu, trop peu à sauver dans ces chants d’amour à l’exception de la direction musicale de Nicolas Achten et de la musique de Monteverdi évidemment.

Quand la fosse se fait entendre, elle nous fait d’emblée entrer dans un ailleurs renaissant magnifique. Par sa musique et par le mouvement de manche qu’il donne à voir, le théorbe n’y est pas étranger. Mais très vite, les chanteurs nous imposent leurs faiblesses. Pas une voix qui ne transporte, n’étonne, n’émeut, ne plaît. Pas de coffre non plus, si bien qu’ils accompagnent les instruments plus qu’ils n’en sont accompagnés. Pas plus de salut dans le silence, plus gênant qu’habité. Les amours de Thésée et d’Ariane, l’abandon de cette dernière, sa folle rencontre avec Bacchus et sa suite… deviennent finalement secondaires face à ces propositions scénique et musicale de Wouter Van Looy et des jeunes chanteurs du Muziektheater Transparant.

Lorsque le rideau ouvre l’avant-scène, que le décor apparaît et que l’on voit les quatre chanteurs initiaux démultipliés, une lueur d’espoir renaît et quasi instantanément meurt. En effet, toujours pas de transport, d’étonnement, d’émotion, de plaisir quand les voix de quinze chanteurs se mêlent ou quand d’autres que celles écoutées jusqu’ici se font entendre. Au contraire, l’envie pressante d’emboîter le pas aux deux puis trois spectateurs qui prennent précocement le chemin de la sortie devant la platitude des chants et peut-être et surtout devant une mise en scène consternante.

Tout y est affreux, des décors pseudo futuristes de séries Z jusqu’aux costumes. Pas de cohérence en dehors du « cheap and kitsch » au point que les quelques belles trouvailles scénographiques (maquillage guerrier, vidéo, ombres chinoises) détonnent plus qu’elles ne rehaussent le tout.

Même la musique, revenons-y après tout, est abâtardie par un jeu de ballons éclatés et les sons peu mélodieux émanant d’un jouet « électronique ».

On en regretterait presque le sage et minimaliste prélude des quatre chanteurs initiaux, assis sur des tabourets et se levant, chacun leur tour, au moment de chanter…

Spectacle joué à l’Athénée du 25 au 28 septembre 2014.